L'éducation en pleine tourmente : les revirements incessants de la Ministre Glatigny plongent les élèves dans l’incertitude

Le Groupe socialiste dénonce avec force l’absence totale de ligne directrice dans la politique menée par la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny. Ses revirements incessants, ses annonces contradictoires et son manque de concertation plongent notre système scolaire dans une instabilité permanente qui aura des conséquences pour les élèves.
Dernier exemple en date : le tronc commun. Alors qu’il constitue un pilier central du Pacte pour un Enseignement d’excellence, la Ministre annonce dans la presse son intention de le mettre sur pause, sans concertation préalable avec les acteurs de l’enseignement. Cette annonce brutale, que les acteurs de l’école ont découvert dans les médias, plonge des milliers d’enseignants et d’élèves dans l’incertitude la plus totale. Que deviennent les 400.000 élèves engagés dans ce parcours, réformé depuis près de 10 ans ? Quel impact pour les enseignants qui ont adapté leurs pratiques et leurs formations à cette réforme ? La seule réponse de la Ministre est qu’elle ne compte toucher qu’à la 3ème secondaire, alors que le professeur Marc Romainville (un des architectes de la réforme) a indiqué publiquement que modifier le point d’arrivée du tronc commun impliquerait d’en revoir toutes les années.
Mais ce n’est pas tout. Concernant le statut des enseignants, la Ministre Glatigny promettait un CDI pour stabiliser le métier. Hier dans Sud presse, il était question de finalement remplacement les nominations par de simples CDD de 10 mois. Aujourd’hui en Commission, la Ministre évoque à nouveau des CDI. Qui peut encore s’y retrouver dans ces déclarations qui se contredisent presque au jour le jour ?
Et que dire de son projet de "mini-CEB" dont elle ne cesse de modifier les modalités, semant la confusion la plus totale dans les écoles ? La DPC prévoit ce mini CEB en 3ème primaire. En commission le 20 janvier dernier, la Ministre explique qu’il prendra en fait place en 4ème primaire. Dans la presse ce lundi, c’est retour en 3ème primaire.
On pourrait encore ajouter son positionnement sur la gratuité scolaire, où elle a adopté successivement toutes les positions possibles…
L’absence totale de cap, les contradictions incessantes et le mépris des réalités du terrain ont assez duré. L’éducation ne peut pas être gérée à coups d’annonces improvisées et de revirements stratégiques hasardeux. Ces changements permanents entraînent des conséquences réelles et lourdes sur les élèves, les parents et les enseignants. L’incertitude ne peut pas être une politique.
"Nous ne pouvons pas laisser la Ministre jouer avec l’avenir de nos élèves. Son manque de cohérence et ses revirements constants créent un climat d’insécurité pour tous les acteurs de l’éducation. Il est temps de remettre de la stabilité et de la clarté dans la gestion de l’enseignement", déclare Martin Casier, chef de groupe socialiste.
"Les élèves, les enseignants et les parents ont besoin d’un cap clair. Nous ne pouvons pas accepter que des décisions aussi cruciales soient prises sans concertation et changées au gré du vent. Nous demandons des engagements fermes et cohérents", ajoute Dorothée De Rodder, députée socialiste.
Il est temps que la Ministre cesse d’improviser et assume enfin ses responsabilités. « Face à cette navigation à vue, le Groupe socialiste en appelle à la Ministre-Présidente pour qu’elle siffle la fin de la récréation et remette la concertation sur les rails. En respectant le travail déjà accompli par les acteurs de terrain et en tenant compte du parcours déjà entamé par 400.000 élèves » conclut Valérie Dejardin, députée socialiste. Une motion en ce sens a été déposée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Frédéric Masquelin
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